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Décryptage , Santé , Science & études
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Date de publication 18/02/2026 Mis à jour le 18/02/2026

Le 4 février 2026, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a publié son rapport le plus complet jamais réalisé en France sur les risques liés au vapotage. Fruit de trois ans de recherches et de l'analyse de plus de 2 500 études scientifiques, ce document de référence répond enfin à une question centrale : la cigarette électronique peut-elle aider les fumer à arrêter de fumer ? La réponse est oui, mais quel est le coût pour leur santé ?

Dans un contexte où les idées reçues abondent, certains pensant à tort que vapoter est aussi dangereux que fumer, ce rapport vient les clarifier avec rigueur scientifique. Voici ce que vous devez retenir :
Aucun décès n'a jamais été attribué au vapotage, contre environ 75 000 morts par an causés par le tabac, bien que ce chiffre était de 68 000 en 2023, selon Santé Publique France
Aucun risque avéré (le niveau de preuve le plus fort) n'a été identifié pour la cigarette électronique.
Aucun cancer n'a été observé chez les vapoteurs, ni dans les études humaines ni animales.
Le vapotage expose à moins de substances toxiques que la cigarette fumée.
L'ANSES reconnaît la cigarette électronique comme une aide transitoire uniquement dans une démarche de sevrage tabagique.
La vape reste déconseillée aux non-fumeurs et aux mineurs.
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Pour élaborer ce rapport, l'ANSES a mobilisé son groupe de travail spécialisé « Produits du tabac et du vapotage ». Sur les 2 500 études initialement repérées, les experts en ont retenu 112 après un tri rigoureux sur la qualité méthodologique :
28 études sur les effets cardiovasculaires
27 études sur les effets respiratoires
25 études sur les effets cancérogènes
32 études sur les effets lors de la grossesse
Chaque effet a été classé selon un niveau de preuve scientifique précis. Attention : en langage scientifique, ces termes n'ont pas le même sens que dans le langage courant et c'est là qu'il peut y avoir une certaine confusion :
Avéré : preuves solides chez l'humain (le niveau le plus fort)
Probable : preuves limitées chez l'humain, mais solides chez l'animal
Possible : preuves très limitées, souvent uniquement animales ou cellulaires
Insuffisant : aucune conclusion ne peut être tirée

C'est l'enseignement majeur du rapport où pour chaque effet étudié, la vape se situe systématiquement en dessous du tabac fumé, que ce soit en gravité ou en solidité des preuves. Et la comparaison est sans appel :
Pour le tabac : les risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes sont classés comme « avérés ».
Pour la vape : 0 risque avéré, 3 risques probables, 19 risques possibles, 8 insuffisants.
Pour l'ANSES, l'explication est simple " L'absence de combustion constitue un avantage majeur du vapotage, réduisant l'exposition aux substances toxiques et cancérogènes caractéristiques de la fumée du tabac [...] de nombreuses substances nocives présentes dans la fumée de tabac sont absentes des émissions des vapotage " p. 16.
Rappelons qu'une cigarette de tabac contient 2 500 composés chimiques et la combustion de cette dernière, en libère plus de 4 000, dont beaucoup sont toxiques. Parmi eux, figurent les aldéhydes, tels que le formaldéhyde, qui ont fait l'objet d'une évaluation quantitative des risques (EQRS) afin de comparer leur concentration dans la vapeur d'une cigarette électronique et dans la fumée de tabac. Résultat, l'ANSES note une " forte réduction de l'exposition aux aldéhydes dans les émissions de 80 à près de 100 % " p.23
Bien que l'Agence reste prudente sur les effets à long terme étant donné que le vapotage n'existe que depuis une quinzaine d'année et restent difficiles à évaluer.

Selon le rapport, " dans une optique de sevrage tabagique, l'efficacité des produits de vapotage est jugée similaire à celle des patches nicotiniques " p.310. Toutefois, la cigarette électronique n'est pas sans risque, bien que ceux-ci soient très inférieurs à ceux du tabac. Voici ce que dit précisément le rapport sur :
Le cœur
Le système respiratoire
Le risque de cancer
La grossesse
Le seul risque probable identifié est une légère élévation temporaire de la tension artérielle et du rythme cardiaque, liée à la nicotine. Ce phénomène est réversible et s'observe également avec les substituts nicotiniques classiques (patchs, gommes). Et l'ANSES est formelle; aucune causalité n'a été établie entre le vapotage prolongé et la survenue d'événements vasculaires graves comme l'hypertension chronique ou les maladies coronariennes.
Lire aussi : 90 % de risques cardiovasculaires en moins chez les fumeurs devenus vapoteurs
L'ANSES n'a pu établir de lien entre vapotage et asthme, bronchite ou BPCO. Les limites méthodologiques des études disponibles (durée trop courte, difficulté à isoler l'effet du vapotage de celui du tabagisme passé) ne permettent pas de conclusions fermes. Toutefois, des irritations légères des voies respiratoires sont possibles, mais leur caractère pathologique reste à démontrer.
C'est l'un des points les plus importants du rapport où aucun cas de cancer n'a été constaté chez les vapoteurs, ni dans les études humaines ni dans les études animales. Des modifications biologiques ont bien été détectées, mais l'ANSES précise qu'elles « ne permettent pas d'anticiper un cancer ni de prouver un lien de causalité ». Le manque de recul dû au 15 ans seulement d'existence du vapotage, explique également la prudence de l'agence sur ce sujet.
L'ANSES recommande en priorité les substituts nicotiniques classiques (TSN) pour les femmes enceintes qui veulent arrêter de fumer. Néanmoins, elle ajoute une nuance importante. En effet, si l'arrêt total du tabac n'est pas possible par cette méthode, la cigarette électronique peut être envisagée comme une option de réduction des risques. En gardant en tête que les risques liés au vapotage pendant la grossesse, bien que réels, sont inférieurs à ceux du tabac fumé. Toutefois pour en savoir davantage, consultez notre article " Peut-on vapoter si on est enceinte ?"

L'un des apports majeurs de ce rapport est la reconnaissance officielle du rôle de la cigarette électronique pour arrêter de fumer, "Si le fumeur a des difficultés à arrêter, la cigarette électronique peut être une solution alternative (dans un esprit de réduction des risques par rapport à la cigarette conventionnelle)" souligne l'ANSES. Bien que l'agence insiste sur le caractère transitoire de cet usage où " La cigarette électronique doit être avant tout utilisée dans un objectif de sevrage tabagique (arrêt complet) et pas seulement pour réduire sa consommation de tabac " p.27.
Par ailleurs, l'ANSES précise qu'il est important de " ne pas continuer à fumer la cigarette en parallèle de façon pérenne, même en plus faible quantité [...] En effet, continuer à fumer quelques cigarettes par jour présente toujours un risque accru de développer certaines maladies. D'autre part, on ne connait pas bien les effets d'une double exposition( cigarette + cigarette électronique) qui pourraient s'avérer être pires que ceux observés avec une exposition unique à la cigarette ou à la cigarette électronique " p. 317.
Toutefois, le rapport confirme un chiffre révélateur ! 98 % des vapoteurs sont des fumeurs ou ex-fumeurs. Un chiffre qui réfute l'hypothèse d'un « effet passerelle » selon laquelle la vape serait une porte d'entrée vers le tabac pour les non-fumeurs, puisque seulement 2 % des vapoteurs n'ont jamais fumé

Au-delà des constats sanitaires, l'ANSES formule plusieurs recommandations importantes :
Pour les fumeurs : la cigarette électronique est une alternative légitime de réduction des risques. Le passage du tabac à la vape réduit massivement l'exposition aux substances toxiques.
Pour les non-fumeurs : la vape est déconseillée. Il n'existe aucun bénéfice à vapoter pour quelqu'un qui ne fume pas.
Pour les mineurs : l'interdiction de vente doit être strictement appliquée.
Pour les professionnels de santé : accompagner les patients fumeurs dans leur démarche de sevrage avec la vape comme outil possible.
Pour les pouvoirs publics : mieux informer la population sur la différence de risques entre tabac et vape — une majorité de Français croit encore à tort qu'ils sont équivalents.
Concernant la taxation : l'ANSES met en garde contre une taxation excessive des e-liquides, qui risquerait de favoriser le développement du DIY non contrôlé et du marché parallèle. Une crainte évoquée si l'article 23 du projet de loi de finances 2026 avait été adopté.

Oui, selon le rapport ANSES 2025, la cigarette électronique est reconnue comme une aide dans une démarche de sevrage tabagique. Elle est perçue par les utilisateurs comme un substitut au tabac et constitue, pour beaucoup, un outil concret pour réduire avant d'arrêter définitivement leur consommation de cigarettes.
La vape n'est pas sans risque, mais ses risques sont très inférieurs à ceux du tabac. Le rapport ANSES n'a identifié aucun risque avéré lié au vapotage contrairement au tabac pour lequel les risques cardiovasculaires, respiratoires et cancérogènes sont tous classés « avérés ». Aucun cancer n'a été observé chez les vapoteurs. Pour en savoir davantage, consultez notre article " La cigarette électronique est-elle sans danger ?"
Non. L'ANSES déconseille formellement la vape aux personnes qui ne fument pas. Il n'existe aucun bénéfice à commencer à vapoter pour un non-fumeur. Au contraire, cela pourrait entraîner une dépendance à la nicotine. La cigarette électronique est un outil de réduction des risques pour les fumeurs, pas un loisir pour tous.
À ce jour, aucun cas de cancer n'a été attribué à la cigarette électronique, ni chez l'humain ni dans les études animales. Bien que certaines substances potentiellement toxiques soient présentes dans les aérosols en très faibles concentrations, aucune causalité avec le développement d'un cancer n'a été démontrée. Le rapport souligne toutefois que le manque de recul invite à rester vigilant.

Le rapport ANSES 2025 ne disculpe pas totalement la cigarette électronique et c'est honnête scientifiquement. Néanmoins, celui-ci remet en perspective les risques avec rigueur : le vapotage est significativement moins dangereux que le tabac fumé et peut constituer un levier efficace pour aider les fumeurs à décrocher. Bien qu'il soit préférable de se diriger vers les substituts nicotiniques traditionnels à l'aide d'un professionnel de santé.
Responsable du blog d'Ecigplanete, j'allie rédaction et analyse pour vous guider dans votre transition vers une vie sans tabac. Soucieuse de transmettre des informations précises et accessibles, je vous propose des tests produits, actualités et définitions afin de vous informer, au mieux, sur la cigarette électronique, le sevrage tabagique et les avantages de la vape.