Tout savoir sur le sub ohm

Publié le : 15/10/2019 23:34:44
Catégories : Astuces & Conseils

Dans le monde de la vape, les possibilités de la personnalisation du rendu sont quasi-illimitées. Avec l’abondance des e-liquides et de l’évolution des différents types de cigarettes électroniques, chaque vapoteur peut moduler sa vapeur à souhait. De l’esthétique à la saveur, la vape abrite un écosystème unique où chacun peut exprimer ses envies et partager ses prouesses.

Parmi les tendances de la vape moderne, la notion de « sub ohm » revient incessamment dans le langage des vapoteurs. Il s’agit notamment d’une configuration matérielle qui permet tout simplement de faire beaucoup de nuages ! Comment ? En paramétrant la valeur de la résistance de l’atomiseur sous une valeur de 1 ohm.

En termes simples, le fameux sub ohm désigne une valeur électronique qui signifie « en dessous de l’ohm ». Il affecte une pièce appelée « résistance », qui se trouve dans toutes les cigarettes électroniques du monde, toutes ! Si vous n’êtes pas calé en notion d’électricité, ce n’est pas grave (pour commencer !)… l’essentiel est de retenir l’effet de cette basse résistivité (sub et ohm) sur le rendu et comment le contrôler.

Pour les impatients, sachez donc que la configuration d’une résistance en sub ohm permet d’offrir plus de vapeur et plus de saveur. En contrepartie, ce type de réglage mécanique présente également des malus comme l’usure rapide des pièces, la consommation ultra-rapide de la batterie, et peut même engendrer des accidents tels que des fuites de liquides ou même des explosions lorsqu’on ne sait pas le manier correctement.

Enfin, si vous voulez connaître le pourquoi, cet article traitera du sub ohm dans son entièreté en partant de la définition électronique jusqu’aux avantages et inconvénients sur le rendu, passant par les différents réglages possibles et autres astuces qui vous permettront de l’utiliser à bon escient. Si vous êtes prêt, ça commence tout de suite !

Le sub ohm, une tendance qui fait parler d’elle !

Avez-vous déjà entendu parler de ces fameuses compétitions de « clouds » dans lesquelles des vapoteurs aux airs de hippies s’affrontent pour montrer qui a la plus grosse…. Vape ! Ce sont des évènements organisés par des férus du vapotage qui permettent d’exposer tout le potentiel caché de l’e-cig en faisant affronter l’électronique pour faire le plus de vapeur possible, rien que ça !

Aussi anodine qu’elle puisse être, la course au nuage qu’on appelle aussi cloud chasing est ainsi devenue la tendance de ces trois dernières années pour des simples raisons d’esthétique, mais aussi de passion, car oui, les geek du vapotage existent bel et bien. Par ailleurs, les gros nuages ne sont pas l’effet d’un acte désintéressé, car ils accentuent la perception de la saveur… une donnée essentielle pour ceux qui choisissent la cigarette électronique pour quitter le tabac ou pour améliorer leurs capacités gustatives.

Mais comment ces amateurs de clouds parviennent-ils à faire d’aussi grosses vapeurs à partir d’un si petit outil ? Pour répondre à cette question, il faut ainsi se tourner vers la physique et plus précisément vers la notion de sub ohm. Alors qu’on avait expliqué dans la petite introduction que le sub ohm reflétait un réglage de résistance en dessous d’un ohm, il serait raisonnable d’approfondir la définition pour une meilleure compréhension, et ce, à partir d’un simple exemple.

Comprendre le sub ohm en quelques lignes

Si l’on prenait une pile et qu’on reliait ses bornes positives et négatives avec un circuit passant par une ampoule à filament (ceux qu’on utilisait dans les années 2000), l’intensité de la lumière de cette dernière dépendrait naturellement de la puissance de la pile, et plus précisément de son voltage et de son ampérage. Dans la même perspective, cette pile perdrait tout son potentiel au-delà d’un certain moment, étant donné que son énergie a été dissipée dans le filament pour créer de la lumière.

Lorsqu’on installe une autre ampoule avec un filament plus fin, l’intensité de la lumière aura tendance à augmenter sensiblement tandis que la même pile se videra plus rapidement. Pourquoi ? Parce qu’avec un fil plus fin, la résistance électrique de l’ampoule est plus faible et laisse passer beaucoup plus de courant en suçant plus rapidement le volume d’énergie stocké dans la batterie par conséquent.

Ce système représente parfaitement ce qui se passe dans la chambre d’atomisation d’une cigarette électronique. Sur la partie supérieure de l’e-cig, nous retrouvons habituellement une petite pièce remplaçable appelée résistance. Il est constitué d’une petite plateforme présentant un petit fil  métallique qui rougit et prend de la température lorsqu’on appuie sur le bouton de lancement de la vape. Plus il chauffe, plus le e-liquide se vaporisera rapidement et vice versa, suivant son type de montage et la capacité de la batterie.

Le plus important dans l’histoire est de retenir que la puissance électrique envoyée dans la chambre d’atomisation varie suivant les paramètres électroniques de la batterie, mais aussi de la valeur de la résistance symbolisée par le terme « ohm ». Avec les premières générations de cigarettes électroniques, les résistances étaient calibrées au-dessus d’un ohm pour équilibrer le ratio production de vapeur/consommation d’énergie. Quelques années plus tard, les adeptes du bricolage se sont fabriqués des machines plus performantes avec des résistances plus ou moins permissives afin d’obtenir une chauffe plus rapide et agressive pour une vapeur plus abondante… c’est ainsi qu’est né la tendance du sub ohm vaping, soit des valeurs de résistivité en deçà d’un ohm qui permettent de récolter des super nuages !

Le sub ohm expliqué par la science

Pour éviter les amalgames, il faudra d’abord différencier « résistance », la pièce physique qui est installée dans la chambre d’atomisation (appelé coil en anglais) et « résistance » qui révèle la valeur électronique en ohm de la pièce. En ce qui concerne le sub ohm, c’est le symbole électronique qui nous intéressera dans cet exercice, et ce, malgré l’existence d’une liaison directe entre les deux notions.

Si nous faisons un petit retour dans nos leçons de physiques, on découvrira que la puissance d’un courant traversant un circuit électrique peut être atténuée par ce qu’on appelle un résistor ou une résistance électrique. Ce petit élément « résiste » au passage du courant et réduit la puissance qui doit arriver à la prochaine pièce qui la succède.

Dans la pratique, on l’utilise donc pour protéger l’appareil d’une surtension, raison pour laquelle on la retrouve sur nos télévisions, sur les appareils audio, les fours électriques et aussi les cigarettes électroniques. Vous l’aurez compris, sans l’intervention d’une résistance, votre vaporisateur électronique pourrait subir des dommages dans le cadre d’une surexposition électrique à partir d’une batterie trop puissante et engendrerait des usures voire des explosions. Parallèlement, le réglage de la résistivité en dessous d’un ohm peut accentuer cette débauche d’énergie, raison pour laquelle beaucoup de vapoteur choisissent des pièces préparées à cet effet pour récolter plus de vapeur.

Ceci étant, si vous êtes à la recherche de ce sub ohm et craignez une surtension inopinée cependant, sachez que le calibrage de cette résistivité peut être maîtrisé à partir d’un simple calcul électronique sur la base d’une formule universelle qu’on appelle « loi d’ohm ».

Qu’est-ce que la loi d’ohm ?

Cette fameuse loi introduit notamment une relation entre les différentes valeurs électriques d’un circuit à savoir la tension (en volts), l’intensité (en ampères) et la résistance en ohm via la formule suivante : U= RI ou qui signifie que la tension (U) est obtenue en multipliant la valeur de la résistance (R) par l’intensité du courant (I).

Sans aller dans les détails inutiles (pour les vapoteurs), cette relation permet de calculer la valeur de votre résistance et de savoir s’il convient avec les propriétés électroniques de votre circuit. Aussi, si votre batterie affiche une tension de 9V avec une puissance  de 500 mA soit 0,5 A, votre résistance s’obtiendra en inversant la formule d’ohm suivant cette version : R=U/I soit 18 ohms !

Ce genre de calcul est surtout intéressant pour sécuriser votre matériel lorsque vous décidez d’installer de nouvelles résistances dans votre cigarette électronique ou lorsqu’une nouvelle batterie plus ou moins puissante vient remplacer l’ancienne. Afin de sécuriser l’engrenage électronique et éviter tout accident, l’utilisation de cette formule vous permettra de trouver le seuil d’utilisation optimal.

Dans la même perspective, ceux qui cherchent à explorer les fins fonds du sub ohm vaping ont tout intérêt à connaître les impacts de la loi d’ohm, étant donné que ce territoire se rapproche dangereusement des brûlures et des courts circuits.

Pourquoi la loi d’ohm est importante dans la définition d’un sub ohm ?

L’objectif d’un sub ohm est simple : permettre à la batterie de décharger le maximum de courant dans la chambre de chauffe pour créer beaucoup de vapeur. Parallèlement, lorsque la vapeur est dense, les arômes sont facilement perceptibles par les papilles et offrent une meilleure sensation au vapoteur.

Pourtant, la batterie est limitée à un certain volume de décharge et ne doit pas dépasser ce seuil (définie par les constructeurs) pour éviter la rupture et imploser. Cette limitation s’appelle ainsi Capacité de décharge maximale ou CDM, et s’exprime en Ampères.

Pour expliquer cette nouvelle notion, reprenons le petit circuit évoqué en amont avec la pile et la lampe à filament ! Etant donné que la résistivité du filament réglemente le passage du courant, l’intensité de la lumière augmentera ou diminuera suivant cette valeur ohmique. Avec deux lampes de différentes résistivités, la consommation du potentiel (voltage) de la pile sera donc différente mais ce n’est pas tout !

Si la résistance de la lampe s’avère trop permissive et que la CDM de la pile est limitée à un certain débit, cette dernière risque d’imploser. A titre d’exemple, si une pile de 9V est appliquée dans un circuit avec une résistance de 0,2 ohm, la puissance s’obtiendra de la sorte : I=R/U soit 0,2 ohm/9V soit 0,0200 A soit 200mA. Pourtant, si la pile prescrit une limitation de décharge avec un seuil maximal de 100mA par exemple, ce montage risque de l’endommager.

A qui s’adresse le sub ohm ?

A partir des éléments évoqués précédemment, le sub ohm est donc une notion électronique assez complexe qui nécessite une maitrise parfaite de la loi d’ohm. Etant donné que son principe est basé sur une réduction de la résistivité en dessous d’un ohm, le montage du circuit qui met en disposition la résistance doit être adapté à cette valeur ohmique en respectant le CDM.

Avant de devenir une tendance internationale, le sub ohm était donc réservé à des bricoleurs de mods mécaniques (où les plateaux de résistances sont fabriqués à la main à partir des outils qu’on dispose chez soi) qui connaissaient parfaitement les différents paramètres à appliquer pour que le circuit fonctionne correctement. Aujourd’hui, ces mêmes bricoleurs continuent de s’exercer à partir des cigarettes électroniques dotées de résistances reconstructibles (RDA, RTA) pour renflouer les lacunes du marché en termes de production de vapeur.

Avec les compétitions de clouds chasing et l’attrait des vapoteurs expérimentés aux résistances en sub ohms, les constructeurs se sont pourtant rués vers la création d’atomiseurs à basse résistance afin de généraliser la tendance. A partir de là, les cigarettes dotées de box électroniques avec des mods variables (variation du wattage, du voltage et de la température) ont commencé à émerger sur le marché avec des « chipsets » sécurisés pour éviter les dommages causés par la débauche d’énergie, dont la principale cause serait le sub ohm.

Que vous soyez un professionnel de la vape ou un simple primo-vapoteur, vous pouvez donc trouver des kits (pro ou démarrage) réglés en sub ohm pour expérimenter les sensations qu’il procure. Ceci étant, la définition du sub ohm ne répond pas forcément aux attentes des amoureux de nuages, car certains kits starters sont munis de résistances basses (ex 0,8 ohm) et ne produisent pas des vapeurs aussi folles qu’avec un mod électroniques pro. En somme, le sub ohm est devenu un standard de la vape qui se distingue des autres résistances par sa capacité à produire plus de vapeur et plus de sensations sans promettre des performances folles sur tous les modèles de cigarette électronique.

Est-il important de commencer la vape avec une résistance en sub ohm ?

Non ! le sub ohm est une configuration assez évoluée qui ne s’adapte pas forcément aux gorges et aux papilles sensibles des débutants de la vape. Dans un contexte général, le sub ohm (que ce soit en 0,9 ohm ou en 0,2 ohm) accentue une débauche d’énergie élevée pour prioriser la production de vapeur. Bien que le rendu soit plus caractériel (les saveurs sont plus expressives), la densité de la vapeur incitera le débutant à appliquer une inhalation directe (Direct to lung)… une technique que ni les ex-fumeurs ni les vapoteurs débutants ne peuvent maitriser rapidement.

Eh oui, les grosses vapeurs sont esthétiquement divertissantes, mais imposent également des conditions. Dans un premier temps, la permissivité de la résistance engendre une chauffe plus rapide et plus intense du liquide, ce qui entraînera automatiquement un rendu plus chaud que sur une résistance supérieure à un ohm. Si le e-liquide utilisé n’est pas conçu pour ce type de réglage électronique, il se pourrait que le résultat soit également détérioré (vapeurs brulantes et amères). Dans un second temps, la rapidité de chauffe de la résistance engendre une vapeur plus dense et plus épaisse.

 L’habituelle aspiration en bouche suivie d’inhalation vers les poumons n’est donc pas possible avec des résistances sub ohms. Pour ceux qui sont habitués à tirer sur la fumée de leurs cigarettes avant d’inhaler le tout, vous pourrez donc passer votre chemin ! Et il en est de même pour les primo-vapoteurs qui n’ont jamais expérimenté une vapoteuse quelconque.

Au final, l’avantage d’un sub ohm pour le débutant réside dans la restitution de la vapeur qui est bien meilleure que sur une résistance supérieure à un ohm. Rappelons cependant que la valeur ohmique en deçà de l’ohm ne reflète pas systématiquement les conditions mentionnées en amont avec des kits starters spécifiquement préparés pour une bonne transition.

Je veux passer au sub ohm, quelles sont les étapes à suivre ?

Si vous avez acquis une certaine expérience dans le vapotage et aspirez à explorer le monde du sub ohm, la meilleure façon de cerner ce nouveau paramètre serait de procéder par étape en partant des réglages les plus simples aux plus complexes (agressifs).

Tout d’abord, il faut savoir que le sub ohm est une valeur de résistance qui facilite le passage du courant depuis la batterie vers la chambre de chauffe en passant par le mode de sortie (variation de voltage, wattage, température) s’il y en a. A partir de ces éléments, la résistance peut se comporter de différentes manières de sorte à procurer une vapeur plus épaisse et dense, plus aérienne, plus chaude etc… 

A partir de la loi d’ohm, une résistance réglée à 0,2 ohm se montrera très agressive au niveau du liquide dès les 15 à 20 W ! Evitez de pousser votre machine dans ses limites (plus de 60 W) si vous tenez à la santé de votre gorge par conséquent. Il ne servira à rien de créer d’énormes vapeurs si le résultat vous amène à souffrir à chaque inhalation, aussi partez d’une basse puissance pour trouver votre rythme.

Ensuite, veillez à ce que les paramètres de sécurité soient complets avant de vous aventurer dans le sub ohm. Effectivement, bon nombre de vapoteurs inexpérimentés s’acharnent à changer leurs batteries et leurs résistances pour récolter plus de puissance sans prendre en compte les différentes valeurs électroniques de sécurités comme le CDM. Rappelons qu’il s’agit de la décharge maximale autorisée par la batterie et qu’en cas de surexploitation, cette dernière risque d’imploser. Dans la même perspective, une batterie qui délivre une puissance trop agressive risque d’endommager ou de rompre le fil résistif.

Dans la plupart des cas, le mauvais calibrage entre la batterie et la résistance amène l’atomiseur à brûler le e-liquide en créant ce qu’on appelle le « dry-hit ». Il s’agit d’un goût de brulé qui remonte à la surface lorsque le fil résistif chauffe anormalement et dégrade l’e-liquide. Si vous avez eu la chance d’échapper à ce phénomène désagréable jusqu’à présent, pensez donc à configurer votre matériel de manière à ce que la batterie et la résistance soient synergiques, car avec le sub ohm, le dry hit n’est jamais loin !

Enfin, choisissez sagement vos e-liquides lorsque vous utilisez une résistance en sub ohm. Puisque l’objectif de ce réglage vise la création de la vapeur, assurez-vous d’introduire des e-liquides avec des bases riches en glycérine végétale (VG) pour recueillir l’effet escompté. Le VG est la substance visqueuse du e-liquide qui permet de créer de la vapeur, contrairement au PG (propylène glycol) qui accentue les sensations de hit et la saveur. Dans le cadre de l’usage d’un e-liquide 30PG/70VG, il ne suffira que de quelques watts pour créer beaucoup de nuages, tandis qu’avec plus de PG, il faudra plus de puissance pour ressentir les véritables goûts de vos arômes sans créer une vapeur énorme toutefois.

Les inconvénients du sub ohm

Outre le problème de sécurité de la batterie et de la cigarette électronique dans son ensemble, le sub ohm engage également de nouvelles responsabilités au vapoteur.

 Dans un premier temps, cet engagement se traduit par une dépense plus onéreuse en matière d’e-liquide. En pratique, les utilisateurs de résistance basse s’attendent à ce que la chauffe soit plus agressive pour procurer la vapeur dense et épaisse. Pourtant cette création de nuage entraine systématiquement une consommation rapide d’e-liquide. Parallèlement, le potentiel de la batterie se vide rapidement devant une résistance permissive (décharge et loi d’ohm !)… ainsi, le confort et l’autonomie de la batterie seront sacrifiés aux dépens de l’esthétique et de la profondeur des saveurs avec des résistances basses.

Dans un second temps, les résistances en sub ohm ont tendance à s’user plus rapidement que les autres. L’alternance des hautes et basses températures dans la chambre de chauffe entraine le fil résistif à une rupture anticipée lorsqu’on utilise des réglages de puissance élevée. D’autre part, l’exposition de cette pièce à des e-liquides riches en VG engendre également des corrosions à partir des dépôts de saletés (bien que le nettoyage périodique puisse allonger cette durée de vie). Avant de commencer à adopter le sub ohm, revisitez donc votre budget pour éviter de saccader vos séances de vapotage pour des raisons économiques.